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Le Polynésien

La légende raconte que pendant la période « po » (temps obscurs), les deux fils du dieu ta’aroa, la principale divinité tahitienne, était prénommée mata mata arahu (« qui imprime avec du charbon de bois ») et tu ra’i po (« qui réside dans le ciel obscur »).
Ils auraient
inventé le tatouage pour séduire pahio, la fille du premier homme, ti’i, et de la première femme, hina. Pahio était gardée en captivité par sa mère afin de préserver sa virginité.
Les deux dieux auraient donc
orné leurs corps de tatouages, portant un motif de tatau appelé tao maro mata et l’auraient arrachée à sa captivité en lui transmettant le désir de se faire tatouer elle aussi. Les fils de ta’aroa, devenus les dieux du tatouage, auraient ensuite enseigné les techniques des tatouages aux hommes, qui l’appréciaient beaucoup.

 

Voici, une des nombreuses légendes de tradition orale liée à l’origine de l’art du tatouage dans ce que l’on appelle généralement “le triangle polynésien”.
Il regroupe, aujourd’hui, la polynésie française, les iles cook, les iles marquises ,la nouvelle zélande, l’ ile de pâques, les samoa et hawaï.

Toutes ont en commun, qu’il s’agit du cadeau de dieux fait aux hommes.
Ces derniers en faisant un rite de passage obligatoire.

 

En effet, quiconque ne passe pas par la cérémonie du tatouage ou ne le termine pas est considéré comme “tabou”, c’est à dire intouchable (personne ne peut ni le nourrir, ni lui parler, ni le soigner). Il est, donc par conséquence, exclu de la tribu. Certains explorateurs et marins durent se faire tatouer les mains afin de pouvoir manger en période de famine. Les motifs du tatouage polynésien sont uniques pour chaque personne dans la société polynésienne pré-européenne.

Le tatouage permettait une valorisation de l’individu, il le suit toute sa vie tout au long de son parcours. C’est à l’adolescence quand le garçon ou la fille sort de l’enfance pour devenir un homme ou une femme que commence ce processus de formation de marquage. L’individu est ainsi identifié à la communauté à laquelle il appartient, par des motifs le représentant le mieux en tant que personne. À ces signes premiers s’ajoutaient d’autres au fur et à mesure sur l’évolution de l’individu et de sa maturité sociale.

Plus l’homme était tatoué, plus son prestige était grand. Être tatoué était un signe de force, de pouvoir et de richesse pour l’individu. Par conséquent on pouvait observer les tatouages les plus élaborés sur les guerriers ou les chefs. Les individus non tatoués étaient méprisés tandis que ceux qui étaient entièrement tatoués de la tête au pied pouvaient jouir d’un grand prestige.

 

La différenciation homme/ femme:

Homme et femme ne portaient pas les mêmes tatouages. En effet, ceux des femmes sont moins ornés, mais sont cependant plus élégant et mieux exécutés que ceux des hommes. Elles portent leurs tatouages comme des parures. Les tatouages des femmes sont moins étendus que ceux des hommes, elles se limitent aux extrémités comme les mains, les pieds, les lèvres. Seules les femmes de haut rang (femme de chef) pouvaient avoir les cuisses et les fesses tatouées. Les hommes eux ont le corps entièrement tatoué. Seul le visage était respecté, à l’exception de certains guerriers ou prêtres qui portaient des emblèmes particuliers sur le front ou sur les lèvres.

 

Les différentes fonctions sociologiques du tatouage:

Décoratif: comme le raconte les différentes légendes, c’est pour conquérir sa bien aimée que l’homme se tatoue, elle se tatoue alors elle même pour plaire en retour. Il est alors une parure de séduction indispensable.

Rituel: il est, dans ce cas, exécuté par le prêtre tatoueur lors de grandes cérémonies rituelles. Il s’agit ici de “marquer” les rites sociaux importants comme le passage de l’enfance à la puberté ,le mariage… etc.

Identitaire: il est la carte d’identité du porteur. C’est à dire qu’il indique le territoire (les graphismes et symbolismes étant bien spécifiques à chaque archipel), le clan, la famille et le rang qu’il occupe dans l’échelle sociale.

Acte de bravoure: il indique tout les actes héroïques par lequel le porteur s’est distingué, que ce soit dans l’acte de guerre, de la chasse ou de la pêche.

 

« le prêtre » tatoueur:

De part l’origine divine du tatouage dans ces sociétés tribales, il est destiné pour les classes de haut rang comme les dieux, les rois et leur descendance, et chefs.

Le « prêtre » tatoueur, tahu ‘a tâta  pour les îles de la société, tuhuka patu tiki pour les marquises, hérite de père en fils d’un prestige et d’une grande considération dans ces sociétés traditionnelles.

Lors de l’opération, le tatoueur s’entourait de plusieurs aides qui avaient les rôles tout aussi important de tendre la peau, maintenir le sujet et d’essuyer le sang qui ne devait en aucun cas toucher le sol.

 

L’outil de tatouage est composé d’un maillet et de peignes de différentes tailles.

Les outils étaient fabriqués en os ou en dents d’animaux  (cochon sauvage, requin) ou de nacre pour la partie supérieure du peigne et de bois dur et lourd pour les manches.

L’encre était faite à partir de graine de “tiairi” brûlées, dont la cendre était mélangée à l’eau.

 

La renaissance d’une tradition polynésienne perdue :

Peu après la découverte de la polynésie par les missionnaires en 1797, l’art du tatouage fut banni. En effet cet art était considéré par les missionnaires comme « barbares » à cause des techniques de l’époque où l’on utilisait des dents de requins ou des os taillés pour tatouer. Elle disparut donc pendant plus de 150 ans. Cependant on redécouvrit le tatouage polynésien grâce aux notes et aux croquis du missionnaire allemand karl von steinen qui avait fait plus de 400 schémas de tatouages polynésiens. Cette découverte a permis à quelques pionniers de réhabiliter le tatouage polynésien, au cours des années 1980, à l’occasion des fêtes de tiurai.

 

Le tatouage polynésien , dans sa version moderne , peut être associé à un style réaliste , agrémenté de motifs «  récent » (tel des références a des films ) ou de lettrages .

Vous pourrez voir ICI quelques réalisations de Yann dans ce style !!